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Réflexions sur deux mots malgaches : AZO – AFAKA par le Pasteur Josoa RAKOTONIRAINY

dictionnaire-malgacheSoucieux de l’intégrité de notre langue malgache, je me dois de livrer ici ces quelques notes, destinées à rendre sensibles,  à réfléchir sur l’usage que nous Malgaches de la diaspora faisons des deux mots malgaches AZO et AFAKA.

 

Dans nos habitudes, ces deux mots sont utilisés pour traduire le mot français POUVOIR.

 

Exemple : « Peux-tu me donner la lettre que tu m’as écrite ? »

 

Première traduction en malgache : « Afaka omenao ahy ve ilay taratasy nosoratanao ho ahy ? »

 

Deuxième traduction en malgache : « Azonao omena ahy ve ilay taratasy nosoratanao ho ahy ? »

 

Apparemment, entre les deux traductions, aucune différence n’existe. Mais à y voir de près, la nuance n’est pas anodine.

Je n’ai nullement la prétention d’être un spécialiste de la sémantique, ni un grammairien.

Cependant, en  me référant à l’usage courant que nos compatriotes  vivant à Madagascar, font de ces deux mots, je suis enclin à saisir la différence.

Car d’après l’usage courant, la deuxième traduction convient mieux pour traduire la phrase en français : « Peux-tu me donner la lettre que tu m’as écrite ? »- « Azonao omena ahy ve ilay taratasy nosoratanao ho ahy ? ».

A mon sens, la première traduction sent trop la traduction.

 

Un peu plus profondément, entre le mots AZO et AFAKA n’y-a-t-il pas des connotations qui relèvent des notions appartenant à des domaines dont l’appréhension dépasse le cadre de ces notes ?

Disons sommairement  que AZO renferme les notions d’avoir, de devoir, de falloir.

Tandis que AFAKA renvoie à la notion d’autorité, de liberté, de pouvoir.

 

En tout cas, ce dont je suis certain est que notre langue malgache est beaucoup plus riche et beaucoup plus  subtile, que nous ne le pensions.

Aimons-la, chérissons-la, apprenons à bien l’utiliser. Elle fait partie de notre patrimoine.

 

Pasteur Josoa Rakotonirainy