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Pasteur Josoa RAKOTONIRAINY

L’Ascension de Jésus-Christ, lien entre la terre et le ciel

Réflexions sur Matthieu 28 : 16-20

Pasteur Josoa RAKOTONIRAINYL’Eglise qui célèbre  l’Ascension de Jésus Christ, prévoit comme un des trois textes de lecture, celui de Matthieu 28 :16-20.

A examiner ce passage, on peut relever trois points fondamentaux, qui ponctuent le lien entre la terre et le ciel, que Jésus-Christ, le ressuscité, établit aux yeux de ses  disciples et aux nôtres.

1er point :

Le pouvoir qu’Il déclare avoir reçu est un pouvoir entier, qui s’exerce, c'est-à-dire, qui a prise  sur le ciel et sur la terre. A ce point, l’évènement de l’Ascension confirme la croix de Jésus qui scelle d’une manière irrévocable la réconciliation entre Dieu (du Ciel) et l’humanité(de la terre) cf. Colossiens 1 :19-20 : « Car il a plu à Dieu de faire habiter en lui (Jésus) toute la plénitude et de tout réconcilier par lui et pour lui, et sur la terre et dans les cieux, ayant établi la paix par le sang de sa croix »

2ème point :

L’ordre d’aller faire  des disciples toutes les nations=ethnies (du grec ethné) des disciples, de baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, de leur apprendre à garder tout ce qu’il a prescrit,  révèle bien la portée universelle de la mission d’évangélisation et du témoignage chrétien.

3ème point :

Jésus, qui monte au ciel,  donne aux siens, la promesse de  sa présence avec eux jusqu’à la fin des temps. C’est bien  une promesse à ceux qui sont sur la terre et qui marque, une fois encore, le lien qu’il établit entre le ciel et la terre.

Je vois deux brèves conclusions à tirer,  à partir de ces points de remarques.

La première est une sorte de mise en garde contre une tendance à trop accentuer notre vive aspiration, et notre attente ardente  à aller au  ciel, pour trouver le repos de notre âme, voulant échapper aux  vicissitudes de la vie terrestre.

Un certain nombre de nos cantiques, hérités de la spiritualité piétiste chez les missionnaires anglo-saxons, parmi les premiers à porter l’évangile à Madagascar, portent les traces de cette tendance. J’en cite quelques exemples, les plus connus, comme le « Ao ny lanitra tsara tokoal » (cantique FFPM n°684) et  qui se traduit : « Il est là le ciel tellement agréable ».

Chez nos amis Catholiques malgaches, le cantique : « Any an-danitra any no fonenako » (Là haut dans le ciel est ma demeure), qui a acquis une popularité dépassant le cadre de la seule église catholique romaine, n’est pas moins significatif de la tendance évoquée.

Dans les Actes des Apôtres sur le récit de l’Ascension de Jésus, il est écrit que « Comme ils (les apôtres) fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se trouvèrent à leur côté et leur dirent : ‘Gens de Galillée, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui vous a été enlevé pour le ciel viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel » (Actes 1 :10-11).

Ce passage du livre des Actes me conduit à ma seconde conclusion.

Cette seconde conclusion me renvoie à la vision que le Conseil Oecuménique des Eglises COE a eu, lors de son Assemblée générale à Vancouver en 1987. C’ était de convoquer une assemblée mondiale de toutes les églises, par un processus dit conciliaire, dont le but était de réfléchir ensemble, sous le thème « Justice, Paix, Sauvegarde de la création », sur comment les Chrétiens du monde entier peuvent s’unir en vue de promouvoir avec ardeur, à la lumière de la Parole de Dieu, la justice, la paix et la sauvegarde de la création.  En réalité, le COE n’a fait que relayer une pensée qui a vu le jour chez les églises européennes, lesquelles étaient elles-mêmes mobilisées par la vision  du danger qui menace la création. L’idée à l’origine de celle vision se résume par la formule «  Il n’ya pas de ciel sans la terre ».

Très malheureusement, l’initiative du COE, a été vouée à l’échec, à cause du refus de l’Eglise Catholique romaine qui s’arroge le droit de convoquer une assemblée mondiale des églises.

En tout cas, c’est l’idée qu’il n’y a pas de ciel sans la terre qui intéresse mes réflexions à propos de l’Ascension du Seigneur Jésus.

Par ailleurs, ces réflexions sont  autant de pistes de recherche dans le domaine de la théologie et de l’écologie.

De toutes les manières, Jésus qui s’en allait au ciel, laisse nous les Chrétiens, sur la terre. Nous sommes certains que Celui qui a tout pouvoir sur la ciel et sur la terre et qui nous renouvelle par son Esprit, nous accompagne chaque jour./ .

 

Pasteur Josoa Rakotonirainy

29 mai 2014